embouteillages sur l'Everest

Chaque année, des images d’alpinistes en file indienne, serpentant le long des arêtes glacées du Mont Everest, captivent et horrifient le monde. Le toit du monde attire des centaines de grimpeurs, tous espérant atteindre son sommet mythique. Des alpinistes chevronnés s’y tentent, mais également de plus en plus d’amateurs de sensations fortes comme le youtubeur Inoxtag en 2024. 

Pourtant le nombre de permis délivrés chaque année pour gravir la montagne reste très faible, alors pourquoi des embouteillages en haut de l’Everest ? Les conditions propices à l’ascension sont rares et expliquent la présence d’embouteillages.

L’ascension se fait au mois de mai

Alors que le toit du monde est inaccessible pendant une grande partie de l’année, un mois de l’année semble plus propice que les autres à son ascension.

1. Fenêtre météorologique idéale

Le mois de mai coïncide avec la fin du printemps dans l’Himalaya, offrant des températures légèrement plus chaudes, ce qui, à ces altitudes, signifie tout simplement moins glaciales. La fenêtre entre les vents violents de l’hiver et les précipitations abondantes de la mousson est étroite, faisant de mai une des rares périodes où les conditions sont jugées « sûres » pour tenter l’ascension.

Ces dernières années, les fenêtres de météo favorable sont de plus en plus rares, rendant le somment encombré en temps idéal. Il a de grandes chances que ces périodes d’ascension favorables deviennent encore plus exceptionnelles. 

2. Stabilité des conditions de gel

La cohérence du gel à cette période de l’année contribue à stabiliser les sentiers escarpés et les dangereuses pentes de glace, réduisant légèrement les risques de chutes et d’avalanches, fréquentes dans d’autres conditions.

Résultat, la grande majorité des ascensions d’une année se réalisent sur seulement quelques journées.

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Embouteillage sur l’Everest (crédit : Project Possible)

A voir ces images et la réputation de « Disneyland de l’alpinisme« , on oublie souvent la difficulté de l’ascension. Il faut dire qu’il existe désormais des tronçons entiers aménagés avec des cordes métalliques… une via ferrata de l’extrême. Faisons quand même un point sur ce que représente l’Everest en 2024.

L’ascension de l’Everest

Préparation et acclimatation

L’ascension de l’Everest n’est pas un acte impulsif ; elle nécessite des mois, voire des années de préparation physique et mentale. Une fois sur place, les alpinistes passent plusieurs semaines à s’acclimater à la haute altitude, progressant lentement à travers différents camps de base.

Seuls quelques clients rares et aux souhaits irresponsables ne passent pas par ces mois de préparation intense. Une fois dans l’Himalaya, ils se mettent en danger, mais aussi leurs sherpas et les autres alpinistes qui peuvent être ralentis par la faible cadence de ces derniers.

Durée de l’ascension

L’expédition entière peut durer de deux à trois mois, avec l’ascension finale au sommet prenant souvent près de deux jours aller-retour depuis le dernier camp.

Il existe 2 voies pour accéder au toit du monde, la sud au Népal, et la nord au Tibet.

Budget nécessaire

Une ascension de l’Everest coûte entre 30 000 et plus de 100 000 dollars, en fonction de l’expérience et des services inclus, notamment du nombre de sherpas accompagnants. Ce prix couvre les permis, les guides sherpa, l’équipement et les dépenses logistiques.

Everest Base Camp 5364 m

Impact de l’Affluence

Embouteillages humains :

L’affluence crée non seulement des scènes surréalistes mais augmente aussi les risques de chutes, de maladies dues à l’altitude, et complique les secours en cas d’accidents.

Conséquences environnementales :

L’écosystème fragile de l’Everest souffre également. Les voies d’accès surchargées conduisent à une augmentation des déchets et à une dégradation environnementale notable, malgré les efforts continus pour nettoyer la région.

Mesures pour réguler l’affluence :

En réponse, le gouvernement népalais et d’autres organismes ont commencé à imposer des restrictions sur le nombre de permis délivrés chaque année, dans l’espoir de réduire l’impact humain et d’améliorer la sécurité globale de l’ascension.

‍En 2025, les autorités ont délivré environ 540 permis d’ascension pour le Mont Everest, tous versants confondus. La grande majorité, soit près de 470 permis, a été accordée par le Népal pour la voie sud, tandis qu’environ 70 permis ont été délivrés du côté tibétain (Chine) pour la voie nord. Ces chiffres confirment une fréquentation élevée du plus haut sommet du monde lors de la saison de printemps 2025.

Peu fréquenté mais trop fréquenté

Le mois de mai reste la période privilégiée pour l’ascension de l’Everest, car elle offre une fenêtre météorologique et des conditions de terrain qui maximisent les chances de réussite. Cependant, l’affluence pose des défis significatifs tant sur le plan humain qu’écologique. En tant qu’alpinistes et spectateurs, nous devons être conscients de ces enjeux et agir avec responsabilité, respectant la montagne et ceux qui y vivent.

Et si vous voulez partir à l’aventure, pas besoin de partir dans l’Himalaya ! La France abrite de nombreuses chaînes de montagne, où il est autorisé de bivouaquer. Alors pour les aventuriers comme vous, on a créé une liste d’itinéraires de bivouac accessibles en transport en commun depuis un peu partout en France !